Dans le cadre de ce programme, la femme embauchée comme aide familiale réside et travaille à temps plein chez son employeur, qui est un particulier. Ses tâches sont variées et nombreuses : entretien ménager, préparation des repas, lessive, couture, soins aux enfants, aux personnes âgées ou handicapées. Elle est contrainte par la loi de résider chez son employeur, et peut seulement travailler pour l’employeur dont le nom figure sur son permis de travail. Elle ne peut travailler à temps partiel dans un autre domaine ou entreprendre des études postsecondaires.

Si elle démissionne ou si elle est congédiée, elle doit trouver un autre employeur, obtenir un nouveau permis de travail fédéral et un nouveau Certificat d’acceptation du Québec (CAQ), en payant les frais exigibles. Pendant cette période d’attente, qui peut être d’un mois, elle ne peut pas travailler puisqu’elle demeure sans permis de travail. Le contraire serait illégal et pourrait entraîner son expulsion du pays.

Une fois admise dans le PAFR et après avoir cumulé 24 mois de travail ou 3 900 heures sur une période de 48 mois, les participantes peuvent faire une demande de résidence permanente qui inclut conjoint et enfants.

Ce statut précaire, qui crée une situation de vulnérabilité et une main-d’œuvre captive, mène à des abus dont des heures de travail non rémunérées ou excessives, des atteintes à la vie privée, une plus grande dépendance envers les employeurs, du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles. Certaines travailleuses peuvent tolérer des situations d’exploitation pour éviter de changer d’employeur. De plus, le travail qu’elles effectuent est dévalorisé dans notre société, puisque typiquement féminin.

Dans certains cas, le PAFR peut contribuer à la perte de compétences professionnelles pour certaines femmes qui s’y engagent. C’est le cas pour nombre d’infirmières originaires des Philippines. Ne pouvant émigrer au Canada par le processus standard, puisque leur formation n’est pas reconnue au Canada, elles utilisent le PAFR avec l’espoir de devenir résidantes permanentes et de pratiquer leur profession un jour. Cependant, les études démontrent que la plupart d’entre elles ne pratiqueront jamais leur profession, en raison des exigences du PAFR. Au terme du programme, après avoir passé plusieurs années à travailler comme aide familiale, leur expérience d’infirmière n’est plus valide et certains ordres professionnels leur imposent des cours de mise à jour, qui sont souvent très coûteux pour leurs maigres revenus. Il leur est donc très difficile de sortir du cercle de la pauvreté.