Pour être acceptée dans l’un ou l’autre de ces programmes, une personne doit être citoyenne d’un pays ayant signé une entente avec le gouvernement canadien. Alors que le PTAS permet surtout de recruter des travailleurs en provenance du Mexique et de la Jamaïque, le PTET-PS, pour sa part, rejoint principalement des travailleurs originaires du Guatemala.

Les conditions de travail et de vie des participants à ces programmes sont souvent difficiles : certains ouvriers travaillent jusqu’à 80 heures par semaine à exécuter des tâches ardues et répétitives. Le logement et la nourriture, généralement offerts sur place, sont souvent inadéquats. De plus, on note des lacunes en matière de santé et sécurité au travail, comme le manque d’équipement de protection, de mesures de prévention et de formation des travailleurs. Les abus de la part des employeurs sont fréquents, notamment concernant le paiement du salaire et des heures supplémentaires. Puisque les travailleurs habitent sur leur lieu de travail, cela accroît leur isolement et leur dépendance envers l’employeur, d’autant plus que certains d’entre eux confisquent les papiers de leurs employés ou leur interdisent de recevoir des visiteurs pendant leur séjour.

Comme l’ensemble de la main-d’œuvre salariée du Québec, les participants à ces programmes sont protégés par les lois provinciales sur le travail et ont le droit d’exercer des recours juridiques s’ils estiment que leurs droits sont bafoués. Toutefois, plusieurs éléments font que ces travailleurs ne revendiquent pas souvent leurs droits, comme la non-connaissance des lois, de la langue et des institutions québécoises, de même que leur horaire de travail très chargé. Et lorsqu’ils vont jusqu’au bout du processus et déposent effectivement une plainte, ils sont souvent de retour dans leur pays d’origine et n’ont pas accès à la vidéoconférence ou ne peuvent obtenir un visa pour venir témoigner. Cependant, c’est probablement la peur des représailles, qui peuvent aller jusqu’au rapatriement dans le pays d’origine, qui est le facteur le plus important à considérer. En effet, cette menace est réelle, car dans le cadre de ces programmes, un employeur peut mettre fin en tout temps au contrat d’un employé de façon arbitraire et il n’existe aucune procédure d’appel pour contester cette décision.

Les travailleurs migrants exerçant un emploi au Québec cotisent aux régimes gouvernementaux obligatoires, comme tout travailleur citoyen canadien. Ils cotisent ainsi à l’assurance-emploi et à l’assurance parentale du Canada, au Régime des rentes du Québec et sont protégés sous la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST). Toutefois, l’accès aux avantages de ces différents régimes sociaux n’est pas automatique, car leur statut particulier fait en sorte qu’ils ne peuvent pas toujours bénéficier des avantages qui y sont associés.

Au Canada, la syndicalisation de la main-d’œuvre migrante temporaire est extrêmement limitée. En ce qui concerne les travailleurs agricoles, la toute première convention collective n’a été ratifi ée qu’en 2008, au Manitoba, soit 40 ans après la création du PTAS. Au Québec, les travailleurs agricoles ont obtenu une victoire importante en 2010, alors que la Commission des relations du travail (CRT) leur a donné le droit se syndiquer, peu importe leur nombre et leur pays d’origine. Cependant, plusieurs provinces canadiennes continuent d’exclure les travailleurs agricoles des droits de représentation syndicale et de négociation collective, notamment l’Ontario, où se concentrent ces travailleurs en raison de l’importance de l’agriculture industrielle.