Au Québec, il existe près de 14 700 responsables de service de garde en milieu familial qui offrent plus de 84 000 places aux jeunes enfants. Elles ont des conditions de travail difficiles et sont vulnérables à l’exploitation et à la discrimination.

En décembre 2003, coup de théâtre! Le gouvernement québécois adopte sous bâillon la Loi modifiant la Loi sur les centres de la petite enfance et autres services de garde à l’enfance, mieux connue comme la loi 8, qui retire le statut de salariées aux RSG et leur accorde plutôt un statut de travailleuses autonomes. Cela se fait sans consultation préalable des organisations syndicales qui représentent ces travailleuses.

Ce changement de statut a plusieurs conséquences importantes pour les RSG. En effet, le passage de salariées à travailleuses autonomes les exclut de la protection de plusieurs lois, comme la Loi sur les normes du travail, la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles et la Loi sur l’équité salariale. Leur nouveau statut rend aussi impossible le dépôt d’une requête en accréditation syndicale auprès de la Commission des relations de travail. En mars 2006, suite à une plainte syndicale, le Comité de la liberté syndicale du Bureau international du travail (BIT) demande au gouvernement du Québec d’amender ces deux lois qui privent des milliers de travailleuses du statut de salarié au sens du Code du travail en leur imposant le statut déguisé de travailleuse autonome. Le 31 octobre 2008, la Cour supérieure déclare inconstitutionnelles et invalide la loi 8. Le gouvernement libéral décide en période d’élections provinciales qu’il ne conteste pas le jugement en appel. Le 12 et le 18 juin 2009, l’Assemblée nationale adopte à l’unanimité le projet de loi n°51 sur leur représentation et sur le régime de négociation d’une entente collective les concernant et modifiant diverses dispositions législatives. Au final, leur situation globale en emploi s’est améliorée et elles ont sauvegardé leurs droits syndicaux.