Les maquiladoras ont vu le jour dans les années 60, au nord du Mexique, le long de la frontière avec les États-Unis. Lors de leur création, elles avaient entre autres pour objectif de fixer la population mexicaine ou hispanique au Mexique et de limiter l’immigration aux États-Unis. On trouve maintenant des maquiladoras entre autres au Guatemala, au Salvador, au Honduras et au Panama.

Ces usines sont fréquemment établies dans des zones franches d’exportation, qui, comme leur nom l’indique, favorisent la production de biens destinés à l’exportation. Les entreprises qui y investissent bénéficient de congé de taxes et profitent de l’absence ou de la non-application de lois sociales ou environnementales. Ainsi, les salaires versés sont peu élevés et les heures supplémentaires sont obligatoires et rarement payées. Les femmes qui travaillent dans ces usines sont souvent victimes d’abus psychologique et physique, et le harcèlement sexuel est fréquent. Dans bien des usines, les travailleuses doivent passer des tests de grossesse sur une base régulière. Les travailleuses enceintes sont souvent congédiées, sans aucune forme de protection sociale.

Bien que des emplois soient créés dans les usines tes zones franches, les retombées économiques ne sont pas toujours positives pour les communautés. En effet, les produits sont confectionnés à partir de matériaux qui ne sont pas achetés sur place, mais plutôt importés de pays étrangers. Les investissements dans les infrastructures sont minimaux.

À Ciudad Juarez, ville située à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, on retrouvait en 2008 400 entreprises où travaillaient environ 250 000 personnes. Cependant, on note que depuis quelques années, de nombreuses entreprises déménagent leurs usines en Asie, où les coûts de production sont encore plus bas. Les organisations syndicales indépendantes sont fortement combattues dans les maquiladoras mexicaines, tout comme elles le sont dans l’ensemble du Mexique, où règnent les syndicats corporatistes et patronaux. Les tentatives de syndicalisation sont réprimées, et les leaders syndicaux sont l’objet de menaces, harcèlement et congédiement. Le Front authentique des travailleurs (FAT), une importante organisation syndicale mexicaine indépendante, est présent dans la région de Ciudad Juarez depuis 1999. Le FAT fait de la formation syndicale auprès de ses militantes et militants, et apporte son appui à leurs luttes et à leurs négociations. Les questions de condition féminine sont prioritaires pour le FAT et il a d’ailleurs réussi à faire inclure certaines clauses en ce sens dans des conventions collectives. Le FAT a établi de nombreux liens de solidarité avec des organisations dans le monde, dont le CISO.